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Leçon de chimie n°26 (agrégation) :
Classification périodique : évolution des propriétés physico-chimiques. Illustrations expérimentales (MPSI).
Transcription des notes manuscrites de préparation à l'agrégation. Les schémas et le détail des calculs sont dans le document original : télécharger la leçon manuscrite (PDF, 12 pages).
Prérequis
Programme du lycée, modèle quantique, règles de Hund et de Klechkowski.
Introduction
Au milieu du XIXe siècle, premières tentatives de classement des éléments ; en 1869, Mendeleïev propose sa classification.
Construction de la classification
- Ordre de remplissage : numéro atomique croissant, règle de Klechkowski pour le remplissage des orbitales atomiques ; plus d'une centaine d'éléments.
- Sept périodes, dont le nombre d'éléments augmente.
- Dix-huit colonnes (groupes), aux similitudes de remplissage des couches et donc de propriétés ; quatre blocs : s, p, d (transition) et f. Les propriétés évoluent avec une périodicité.
Propriétés atomiques
- Trois facteurs : charge du noyau, distance électrons de valence-noyau, effet d'écran.
- Rayon atomique : rayon de l'orbitale de valence, \(\rho = \dfrac{n^{*2}}{Z^*}a_0\). Dans une période, \(Z^*\) augmente : les électrons sont plus attirés et le rayon diminue ; en descendant une colonne, le nombre d'électrons augmente beaucoup et le rayon augmente (même évolution pour les rayons métalliques, covalents ou ioniques) ; courbe \(r = f(Z)\). Conséquences énergétiques.
- Énergie d'ionisation : M → M+ + e− ; les gros éléments s'ionisent plus facilement (alcalins et alcalino-terreux donnent facilement des cations) ; l'énergie d'ionisation croît vers la droite et vers le haut. Ionisations successives de plus en plus difficiles (bore : 800, 2 400, 3 700, 25 000, 33 000 kJ/mol) : grand saut quand on attaque une couche interne.
- Affinité électronique : attachement M + e− → M− ; plus elle est importante, plus l'atome attire un électron (halogènes, qui donnent facilement des anions).
- Pouvoir polarisant (effet électrostatique d'un ion sur son entourage, proportionnel à \(Ze/r^2\)) : ce sont les cations les plus polarisants (alcalins, alcalino-terreux, certains métaux ; Al attire un doublet, d'où des complexes). Polarisabilité : un ion dans un champ \(\vec{E}\) se déforme, ses barycentres de charges se séparent, \(\vec{p} = 4\pi\varepsilon_0\alpha\vec{E}\) (\(\alpha\) en m³) ; plus le nuage est gros, plus elle est grande : les anions les plus polarisables sont les halogènes et chalcogènes. Valeurs : pouvoir polarisant de Li+ 1,64, Al3+ 9,23, Zn2+ 7,30 ; polarisabilité de Li+ 0,03, I− 6,5, Zn2+ 0,5 (\(10^{-30}\) m³).
- Électronégativité : trois échelles, Pauling (la plus utilisée, énergies de liaison), Allred-Rochow (physicien), Mulliken \(\chi = k\dfrac{EI + AE}{2}\) (\(k\) rend \(\chi\) sans dimension). Capacité d'un atome à attirer les électrons vers lui ; elle croît vers la droite et vers le haut, et prévoit le type de liaison : grande différence entre éléments de droite et de gauche, liaison ionique ; éléments de même région, liaison covalente ; éléments de gauche, liaison métallique.
Propriétés chimiques
Pouvoir oxydant-réducteur
- Le potentiel standard \(E^\circ(M^{n+}/M)\) est directement lié à EI et AE, donc à \(\chi\) : plus un élément est électronégatif, plus il tend à attirer un électron, donc plus il est oxydant (vers la droite).
- Action du chlore sur l'aluminium : Cl2 obtenu par HCl + KMnO4 ; fumée blanche (dimère Al2Cl6), poudre blanche à la place de l'aluminium, dépôt blanc sur le tube : 3/2 Cl2 + Al → AlCl3 (Cl2/Cl− 1,36 V, Al3+/Al −1,68 V).
- Plus on descend dans un groupe, plus l'élément est réducteur : alcalins Li −3,04 V, Na −2,71 V, K −2,92 V, Rb −2,92 V ; exception du lithium, Li+ extrêmement petit et très solvaté, le plus réducteur.
- Réactions des halogènes entre eux : eau de chlore et KBr (sous la hotte), couleur jaune : Cl2 oxyde Br− en Br2 ; l'inverse (Br2 et NaCl) ne donne rien : le chlore est plus oxydant que le brome. Eau de chlore et KI : coloration marron (I2) ; eau de brome et KI : formation de I2, plus soluble dans le cyclohexane (couleur rose dans la phase organique). Finalement Cl2/Cl− > Br2/Br− > I2/I−, comme le prévoit la classification.
- Caractère très réducteur des alcalins : un très petit morceau de sodium séché sur papier filtre, sur l'eau additionnée de phénolphtaléine sous une plaque de plexiglas : il se balade, l'eau rosit et H2 se forme : Na + H2O = Na+ + OH− + ½ H2, réduction de l'eau par le sodium : alcalin et eau donnent un hydroxyde basique.
Caractère acido-basique des oxydes et hydroxydes
- Oxydes : composés de l'oxygène et d'un autre élément, ioniques (Na2O, CaO, K2O) ou covalents (CO2, SO2).
- Magnésium chauffé au bec puis brûlé dans le dioxygène, au-dessus d'eau et de phénolphtaléine : la solution rosit, oxyde basique (Mg + ½ O2 = MgO), comme Na + H2O.
- Charbon au rouge dans un flacon de dioxygène : combustion vive ; au fond, l'eau et le rouge de méthyle passent du rouge au jaune avec le CO2 : oxyde acide (le milieu trop basique pourrait décolorer la phénolphtaléine).
Composés hydrogénés
L'hydrogène est particulier : à gauche, comme Li, mais d'électronégativité importante ; il donne difficilement H+ et facilement H− : hydrures ioniques avec les alcalins (LiAlH4), acides avec les halogènes.
Conclusion
La place d'un élément détermine ses propriétés vis-à-vis des autres éléments et de diverses réactions ; Mendeleïev avait prévu la place d'éléments avant leur découverte.
Remarques
- Propriétés atomiques : plutôt physiques ; propriétés physiques : température de changement d'état, état. Au-delà de Z = 92, éléments artificiels, ainsi que Z = 43 et Z = 61.
- Succès de Mendeleïev : il avait laissé des trous et fait des inversions pour classer par propriétés plutôt que par masse atomique (tellure-iode, cobalt-nickel). Intérêt du rangement : même configuration électronique externe dans une colonne. Le zinc n'est pas un élément de transition (Zn2+ a sa couche d complète).
- Commencer par l'énergie d'ionisation, grandeur mesurée expérimentalement ; à la place de la courbe \(r = f(Z)\), présenter les rayons de Slater.
- Acides halogénés : plus on descend, plus ils sont forts, la liaison étant plus polarisable (énergies de liaison H–X : 574 kJ/mol pour HF, 428 pour HCl, 362 pour HBr, 295 pour HI). HClO, HClO2, HClO3, HClO4 (pKa 7,5 ; 2 ; −2,7 ; −10) deviennent plus acides quand la charge formelle sur le chlore augmente.
- Li et H2O réagissent moins bien que Na car le lithium ne fond pas ; l'expérience Cl2 + Al peut être remplacée par Fe (formation de FeCl3 rouge).
- Halogènes toxiques : gants, lunettes ; neutraliser les vapeurs de Br2 par le thiosulfate ou une solution basique (dismutation). Attention : les potentiels d'oxydoréduction sont définis en solution aqueuse, alors que Cl2 + Al se fait en phase gazeuse : parler plutôt de pouvoir oxydant.
Bibliographie
- H-Prépa, Chimie I, MPSI-PCSI
- Taupe niveau, PCSI
- Manuel de 2de, Hachette (ancien programme, 1993)
- Chimie II, Bréal (CAPES)
- Manuel de 2de, Nathan (ancien programme)


