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Leçon de chimie n°39 (agrégation) :
Corrosion humide du fer. Protection du fer par le zinc (MP-PSI).
Transcription des notes manuscrites de préparation à l'agrégation. Une fiche sur la mesure de la vitesse de corrosion (droites de Tafel, diagramme d'Evans) et les schémas sont dans le document original : télécharger la leçon manuscrite (PDF, 10 pages).
Prérequis
Courbes intensité-potentiel, diagrammes potentiel-pH.
Introduction
Les diagrammes d'Ellingham traitent la corrosion par voie sèche (O2) ; on étudie ici la corrosion humide, qui donne la rouille : elle fragilise et pollue, il faut l'éviter.
Étude générale de la corrosion humide
Facteurs de corrosion
- Expérience : paille de fer trempée dans du vinaigre et NaCl, dans un ballon renversé sur de l'eau colorée : l'eau monte par dépression (consommation de O2).
- Clous de fer dans des tubes : avec CaCl2 (desséchant), rien ; dans l'eau bouillie sous pellicule d'huile ou sous N2, rien ; dans l'eau distillée, solution jaunie : corrosion ; dans l'eau salée, jaunie aussi, en principe davantage car Na+ et Cl− favorisent la corrosion.
- La corrosion est favorisée par le dioxygène dissous, l'eau et les ions.
Mécanisme général
- Expérience : clou dans un gel d'agar-agar contenant NaCl, phénolphtaléine et ferricyanure de potassium : au voisinage de la pointe et de la tête, coloration rose (OH−) ; au milieu, bleu de Turnbull (Fe2+).
- Zone anodique (oxydation) : Fe → Fe2+ + 2 e− ; zone cathodique (réduction de H2O et O2) : 2 e− + H2O + ½ O2 → 2 OH− ou H2O + e− → ½ H2 + OH−. La tête et la pointe sont les parties les plus travaillées ; ces zones sont dues aux hétérogénéités du métal, d'où des potentiels différents en différents points de sa surface.
Étude thermodynamique
Diagramme potentiel-pH du fer (Fe, Fe2+, Fe3+, Fe2O3) superposé à celui de l'eau : le fer devrait se corroder en Fe2+, mais au-delà de pH 9,6 il est protégé par Fe2O3. Domaines de corrosion (Fe2+, Fe3+), de passivation (Fe2O3) et d'immunité (Fe).
Étude cinétique
Parfois on n'observe pas la corrosion car elle est trop lente. Courbes i = f(E) des couples Fe2+/Fe et H2O/H2 : le point de fonctionnement \(i_a = i_c\) donne le courant de corrosion ; le potentiel est alors le potentiel mixte, ou potentiel de corrosion.
Piles de corrosion
Piles à électrodes dissemblables
- Le clou présentait des électrodes de deux formes différentes ; ici une pile cuivre-fer dans NaCl à 1 mol/L reliée à un milliampèremètre : il apparaît un courant ; avec la phénolphtaléine et le ferricyanure, couleurs rose et bleue : Fe → Fe2+ + 2 e− et e− + H2O → OH− + ½ H2. Le cuivre est moins réducteur que le fer, d'où l'oxydation du fer : c'est le métal le plus électropositif qui se corrode (E° = −0,44 V pour Fe2+/Fe, 0,34 V pour Cu2+/Cu).
- Application : dans les canalisations, une soudure au contact entraîne la corrosion (couplage galvanique).
Piles à électrolytes dissemblables
- Goutte d'Evans : plaque de fer, goutte de gel (agar-agar, ferricyanure, phénolphtaléine) : coloration bleue au centre et rose à la périphérie.
- Pile à aération différentielle : deux électrodes de fer dans un tube en U, barbotage de O2 d'un côté ; i ≈ 134 mA ; zone désaérée : Fe2+ ; zone aérée : OH− : la dissymétrie fait apparaître une fem de corrosion. Courbes i = f(E) des électrodes aérée et désaérée : \(I_a = I_c\), les deux électrodes sont le siège d'une réduction et d'une oxydation, l'une étant chaque fois prépondérante.
- O2 favorise la corrosion en se réduisant pendant que le fer s'oxyde : dans l'expérience du clou, les deux réactions ont lieu au même endroit ; dans la pile à aération différentielle, sur deux électrodes différentes, et la corrosion a lieu à l'endroit désoxygéné.
Protection du fer par le zinc
Métallisation
- Dépôt d'un métal protecteur sur le fer, par voie physique (galvanisation) ou électrochimique ; la théorie est la même.
- Galvanisation : bain de zinc à 450 °C (au-dessus de la fusion du zinc), couche d'environ 100 µm ; on peut aussi projeter ou condenser le zinc (température de vaporisation faible), l'épaisseur étant contrôlée par le temps d'exposition.
- Pourquoi pas le nickel ? En cas de rayure, avec le zinc c'est lui qui s'oxyde (Zn2+/Zn −0,76 V, en dessous de Fe2+/Fe −0,44 V) ; avec le nickel (−0,25 V), c'est le fer qui est attaqué.
- Électrozingage (électrodéposition) : électrolyse avec le fer en cathode et le zinc en anode, en solution de Cl− ou OH− qui servent de ligands à Zn2+ : 4 Cl− + Zn = ZnCl42− + 2 e−, puis ZnCl42− + 2 e− → Zn + 4 Cl−.
Protection par anode sacrificielle
Pile formée d'une électrode de fer et d'une électrode de zinc en court-circuit, dans l'eau du robinet ; le ferricyanure ne donne pas de coloration : le fer est protégé (virage de la phénolphtaléine à sa surface). L'inconvénient est la destruction du zinc ; une coque de bateau est reliée à une électrode de zinc (anode), de même pour une cuve enterrée.
Conclusion
Tous les métaux se corrodent sauf les métaux nobles (Pt, Au) ; parler de la passivation.
Bibliographie
- Chimie MP-PSI, collection Puf
- H-Prépa, Chimie 2e année
- Sarrazin, L'oxydoréduction


