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Leçon de chimie n°40 (agrégation) :
Exemples de mécanismes en chimie organique : substitutions nucléophiles, compétition SN/E exclue (PSI).

Transcription des notes manuscrites de préparation à l'agrégation. Les schémas et le détail des calculs sont dans le document original : télécharger la leçon manuscrite (PDF, 10 pages).

Prérequis

Réactions avec coupure homolytique ; on s'intéresse ici aux coupures hétérolytiques.

Introduction

Les substitutions nucléophiles sont une introduction à la chimie organique et une grande classe de réactions. On a déjà vu des substitutions radicalaires (coupure homolytique) ; avec une coupure hétérolytique, on peut avoir une SN ou une SE selon que le réactif est nucléophile ou électrophile.

Réactions de substitution

Définition

Un groupe d'atomes provenant d'un réactif vient remplacer un groupe d'atomes ou un groupe fonctionnel. Plusieurs types : CH3Cl + OH− → CH3OH + Cl− ; C6H6 + Br2 → C6H5Br + HBr ; CH4 + Cl2 → CH3Cl + HCl (radicalaire) : pas de différence au niveau du bilan, il faut observer le mécanisme.

Différence entre SN et SE

En SN, le doublet est apporté par le réactif.

Les dérivés halogénés

Généralités

Dérivés des hydrocarbures dont un H est remplacé par un halogène X, qui a une liaison à former.

Propriétés des halogénures

Tableau des caractéristiques des liaisons : C–X est fortement polarisée (Cδ+–Xδ−), d'énergie de dissociation faible et de très forte polarisabilité ; de C–Cl à C–I, la polarisabilité augmente et l'énergie de liaison diminue. Les dérivés halogénés sont souvent liquides.

Substitutions nucléophiles appliquées aux dérivés halogénés

Les RX sont des intermédiaires de synthèse (tableau : nucléophile, schéma réactionnel, produit ; OH− + RX → ROH + X− donne un alcool ; si le nucléophile est le solvant eau, c'est une solvolyse).

Bilan réactionnel

Nu− + R–X → R–Nu + X−, le nucléophile attaquant le carbone électrophile.

Résultats expérimentaux

Étude cinétique de tBuCl + OH− → tBuOH + Cl− suivie par conductimétrie : 40 mL de NaOH à 0,1 mol/L dans l'eau et tBuCl à 0,1 mol/L dans l'acétone ; la droite \(\log\dfrac{G_\infty - G}{G_\infty - G_0} = f(t)\) montre une cinétique d'ordre 1. À partir d'un dérivé tertiaire chiral, on obtient un mélange racémique ; à partir d'un primaire, la réaction est stéréospécifique : on en déduit les mécanismes.

Mécanismes limites

Facteurs influençant les réactions

Le nucléophile

Pas d'influence en SN1 ; en SN2, la constante de vitesse mesure le pouvoir du nucléophile, qui dépend de sa polarisabilité, de son encombrement stérique et du substrat.

Polarité du solvant

Expérience : tBuCl dans 80 % d'eau et 20 % d'acétone, ou 50 % d'eau et 50 % d'acétone, avec NaOH et BBT ; on mesure le temps au bout duquel un dixième de la réaction est effectué (disparition de OH−, virage du BBT) : beaucoup plus rapide avec le solvant le plus polaire.

Le nucléofuge (groupe partant)

Il faut tenir compte de la polarisabilité de C–X : C–I est la plus polarisable, I > Br > Cl, F ne réagit pas.

Le groupe R auquel est fixé l'halogène

Expérience avec BrnBu et BrtBu : (1) NaI dans l'acétone, précipité de NaBr avec le dérivé primaire (SN2), rien avec le tertiaire ; (2) AgNO3 dans l'éthanol, rien avec le primaire, trouble avec le tertiaire (SN1). En SN1, cela tient à l'intermédiaire réactionnel : un carbocation d'autant plus stable qu'il est substitué ; en SN2, l'encombrement stérique gêne la réaction, d'où des dérivés primaires.

Conclusion

Par ces facteurs, on peut jouer sur le type de réaction pour obtenir telle stéréochimie ; il y a aussi compétition avec les éliminations, et d'autres facteurs interviennent (la température par exemple).

Remarques

Bibliographie

Derniers ajouts

Physique à l'ENSCR

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